FR

Le temps est un élément central de ma pratique.
Sous une forme protocolaire, je répète des gestes, ritualise, décline, recommence, tout en faisant de la
place à la magie, la poésie, à l’impromptu, en une sorte de désordre orchestré. Je cherche à capturer le temps, à en extraire des traces, des lumières, des échos, des vibrations. Dans une volonté de ramification omniprésente, les œuvres sont envisagées individuellement mais comme les membres d’un même corps en un système rhizomique. Aucun élément n’est isolé, créant une chaîne de transmission entre les pièces, un débordement, une empreinte.

Ma pratique se développe essentiellement autour du dessin. Celui-ci naît parfois de l’écriture, s’anime dans la video, se matérialise dans l’installation et la sculpture dans lesquels les notions d’apparition et de disparition sont toujours présentes.
Perméables aux lieux, mes expérimentations se nourissent de ceux pour lesquelles et dans lesquelles elles sont élaborées. Et c’est à travers le paysage, miroir des émotions, mais aussi témoin des activités humaines, qu’elles se matérialisent.

Dépliant la mémoire en dépliant les plis du terrain, je cherche à dessiner la transpiration d’un monde balayé de flux permanents, au travers de paysages qui se tordent, se dissolvent, se superposent en une partition silencieuse.  L’homme manipule le paysage, exerce en lui des plis dans lesquels il raconte son histoire, laissant derrière lui une forme d’érosion, de sédimentation. Bien qu’il ne soit jamais représenté, c’est bien de l’humain que je parle à travers mes dessins et installations.



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. Klang der Stille (FR), Galerie im Saalbau

. Nonage for ages (FR), Frappant Galerie

. Interview retranscrit, Galerie du philosophe

. À l’intérieur Océane Moussé, Julie Crenn

. INTERVIEW avec Anaïs Delmas

ENG

The immensity, both silent and fragile, is stressed by the idea always present of an ephemeral reality. Through a systematic and obsessive activity, Océane Moussé seeks to extend the fugacity of this reality until reaching its distortion and questions a world in perpetual renewal. Composing and decomposing surfaces and temporalities, Moussé stretches them recalling these old voice recordings that progressively slow down and lengthen the words a they age, leaving us with a mesmerizing magma of onomatopoeia.
The implementation and the result are not dissociable. Each blade of grass drawn with Indian ink brings her towards the construction of her landscape.
Here the landscapes twist, dissolve, dilute, overlap themselves in a silent partition. The representation of the humanity is inconspicuous but its imprint is tangible. Following the rhythm of breaths, landscapes are made and unmade, and the haunted melody of the washingmachine's drumn (“Das Waschmachinen Inferno”, video) carries with it an upside down landscape.
The loss of landmarks, the wandering, the vertigo, the tilting, the ineluctable, the weightlessness, the fall are all notions that Océane Moussé seeks to develop through her landscape Ephemeris.



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. The lingering traces of the fold, Christian Driesen

Tout Flux, Manuel Pomar


DE

Océane Moussé zeichnet ein Entblößen von Landschaften, ein dumpfes Dröhnenvon intimen Ereignissen. Die Unermesslichkeit, still und zerbrechlich, wird durch die allgegenwärtige Idee einer ephemeren Realität unter Spannung gesetzt. Ihre Materialien sind sowohl Tusche als auch der weisseleere Raum des Papiers : das eine offenbart das andere und erzeugt eine Spannung zwischen dem, was gezeichnet wird und dem, was nicht gezeichnet ist. Durch eine systematische, obsessive Aktivität versuche ich, die Vergänglichkeit dieser Realität so weit auszudehnen und zu strecken, um so, eine Welt im ständigen Wiederanlauf in Frage zu stellen. Die Landschaft, hier ein Spiegel der Emotionen, aber auch ein Zeugnis menschlicher Aktivitäten, ist ihr Experimentierfeld. Die Erinnerung wird entfalten, wie als würde man die Falten des Bodens öffnen, so zeichnet sie das Schwitzen einer von Flüssen durchdrungenen Welt, mit Hilfe von verzehrten, sich auflösenden Landschaften, die sich überschichten, zugunsten einer stillen Partitur. Der Verlust an Orientierungspunkten, das Wandern, der Schwindel, das Kippen, das Unvermeidliche, die Schwerelosigkeit, das Fallen sind ebenso viele Begriffe, die sie versucht, durch ihre Zeichnungen und Installationen zu entwickeln.

 

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. Klang der Stille (DE), Galerie im Saalbau

. Nonage for ages (DE),
Frappant Galerie.

Galerie Leonberg, Tobias Kegler.

. INTERVIEW mit Tobias Kegler.

Gesang der Dünen, Claus Friede